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LES DISTILLERIES MARTINIQUAISES

Dernière mise à jour : 6 déc. 2022

La Boite à Papilles vous propose de démarrer un tour d'horizon de l'ensemble des distilleries de rhum à travers le Monde et comment ne pas commencer par la Martinique !

Si la plus grande des petites îles des Antilles françaises occupe une place privilégiée dans le cœur des amateurs, c'est surtout à la qualité exceptionnelle de ses rhums agricoles qu'elle le doit, lesquels bénéficient depuis 1996 de l'appellation AOC à l'exigence unique au monde.

Des mesures protectionniste édictées par la métropole ont longtemps bridé le développement du rhum de l'île, cantonnée dans son rôle sucrier. Cependant, à la fin du XIXème siècle, Saint Pierre s'impose en capitale du spiritueux de canne et la Martinique monte sur la première marche des pays producteurs.

Plus de 150 distilleries subsistaient encore à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, ainsi que 19 sucreries. Pourtant les décennies qui suivent enregistrent un long déclin et une extrême concentration des acteurs restants.

Leur nombre s'est stabilisé à 13 aujourd'hui : 12 distilleries agricoles et une de rhum industriel. Cela n'empêche pas la Martinique d'être le plus important producteur de rhum français (10,2 millions de litres d'alcool pur en 2016) et de fournir les rhums les plus consommés en France.



La distillerie H.B.S. : c'est la distillerie la plus au Nord de l'île. Appelée plus communément Habitation Beauséjour, cette distillerie a repris son activité que très récemment. Fondée à la fin du 19ème Siècle par les frères Ariès et dotée dès le début d'une magnifique réputation de part la qualité exceptionnelle de ses productions, elle a du se reconvertir dans les années 30 suite à la crise économique dans la culture de bananes. Heureusement depuis peu la famille Ariès a décidé de repartir dans la production de rhums pour notre plus grand plaisir.



La distillerie J.M. : au pied de la montagne Pelée, prospère une nature luxuriante bordée par deux rivières : Roches et Macouba. A la fin du 18ème siècle, Antoine Leroux-Préville acquiert un domaine de 164 hectares en ce lieu enchanteur pour y créer une sucrerie. Il lui donne le nom de ‘Fonds-Préville’.

Un siècle plus tard, en 1845, le domaine est racheté par Jean-Marie Martin qui donne une nouvelle impulsion à la sucrerie en la transformant en distillerie. Expédiés vers Saint-Pierre, les rhums aux initiales ‘J.M’ connaissent un succès croissant.

Quelques années plus tard, en 1912, la distillerie est rachetée par la famille Crassous de Médeuil. Les deux domaines (Fonds-Préville et Bellevue) sont alors réunis pour en composer un seul, de 400 hectares. Des améliorations majeures sont apportées, qui contribuent à donner au rhum J.M sa renommée.

En 2002, l’entreprise familiale martiniquaise G.B.H rachète la distillerie. Quelques années plus tard, le groupe entreprend une modernisation complète du site pour en faire une distillerie modèle, joyau d’intelligence et d’harmonie avec la nature.



La distillerie SAINT JAMES : fondée en 1765 à Saint-Pierre par le révérend Pierre-Edmond LEFEBURE, la distillerie va connaître un destin hors du commun. Ayant la possibilité d'exporter ses rhums à travers le monde, le révérend va choisir un nom à connotation anglaise pour sa distillerie : SAINT JAMES. Destinés entre autre aux colons de la Nouvelle Angleterre, les rhums SAINT JAMES vont s'exporter avec succès. En 1902, l'éruption du volcan de la montagne Pelée va détruire totalement la distillerie qui va être reconstruite à Sainte-Marie sur la côte Atlantique. Petite anecdote : au moment de déposer le nom de la marque, les dirigeants vont choisir le conditionnement sous la forme de la fameuse bouteille carrée plus facilement transportable. La distillerie héberge également un magnifique et passionnant musée du rhum.



La Distillerie G. HARDY : c'est peut-être l'une des distilleries les moins connues de la Martinique et pourtant son Histoire est passionnante et ses productions excellentes.

Tout commence en 1830 : l’Habitation « La Grâce » prend le nom de l’Habitation Sucrerie TARTANE, et devient quelques années plus tard, la propriété des époux Emilien BONNEVILLE.

En 1880, l’ancien moulin à vent est remplacé par une machine à vapeur et l’usine, pour faire face à la crise sucrière de cette époque, se convertit et devient une distillerie.

Quelques années plus tard, leur fille Clémence, épouse de Gaston Hardy des Sources, devient à son tour propriétaire de la Distillerie qui prendra le nom de distillerie G. HARDY.

Le rhum produit prend désormais l’appellation de « RHUM G.HARDY TARTANE ».

De 1923 à 1936, la distillerie accumule les médailles et Gaston HARDY laisse les rennes à son fils prénommé aussi Gaston. En 1955 est créée le fameux Rhum Paille afin d'assoir la notoriété de la distillerie.

En 1990, Gaston HARDY (fils) décède, laissant derrière lui une distillerie qui fonctionnera jusqu’en 1994.

Ses héritiers, sous l’impulsion de Maurice HARDY décident de transférer la production dans une autre distillerie (la distillerie SAINT JAMES qui produit également les rhums BAIE DES TRESORS), qui produit encore aujourd’hui le fameux Rhum HARDY, afin de répondre aux règles de qualité de l’appellation d’origine contrôlée (AOC MARTINIQUE).

Jean-Pascal, petit fils de Gaston HARDY, décide de poursuivre l’aventure avec l’aide des autres membres de sa famille, et de redonner vie, dans les prochaines années, à la première distillerie qui a fait, pendant presque 2 siècles, la fierté du village de TARTANE.

Un projet de réhabilitation de la distillerie est à l’étude (restauration et mise en valeur des machines, musée, chai de vieillissement, boutique, aménagement des alentours….).



La distillerie CLEMENT : l'une des distillerie les plus emblématique de l'île !

Tout débute en 1887 avec l'achat du domaine de l'Acajou par le docteur Homère Clément où pendant 30 ans il va planter de la canne à sucre qu'il va revendre à la sucrerie du François.

Afin de répondre à la forte demande en boissons alcoolisées durant la Première Guerre mondiale, Homère Clément construit donc en 1917 sa distillerie sur les ruines de l'ancienne sucrerie pour satisfaire ce besoin. L'habitation Acajou retrouve ainsi une activité de transformation de la canne abandonnée depuis près de cinquante ans.

A la mort d'Homère Clément en 1923, son fils Charles Clément prend la direction de l'Acajou. Il va jusqu'à sa mort en 1973, se consacrer au développement de la distillerie, faisant de Clément une des plus grande marque de rhum.

Ingénieur de formation, dans les années 1930, Charles Clément donne à son rhum le nom du domaine où est installée la distillerie. Ainsi, son rhum blanc et son rhum vieux prennent respectivement les noms de Jeune Acajou et de Vieil Acajou.

Après la Seconde Guerre mondiale, Charles Clément associe plus directement son nom à son rhum. C'est le début d'une distribution à plus grande échelle du rhum Clément qui dépasse rapidement les limites de la Martinique.

Il va jusqu'à sa mort le 16 Mars 1973, se consacrer au développement de la distillerie, faisant de Clément une des plus grande marque de rhum.

Ses fils poursuivent son œuvre à la tête des Rhums Clément. Georges-Louis CLEMENT dirige la distillerie de l'Acajou tandis qu'à Bordeaux, Jean-José CLEMENT commercialise les rhums en France et développe les marchés d'exportation. La distillerie de l'Acajou et la marque Clément sont rachetées en 1986 par Yves et Bernard Hayot, deux entrepreneurs originaires du François. Alors que de nombreuses distilleries martiniquaises mettent la clé sous la porte, les Rhums Clément trouvent avec le Groupe Bernard Hayot (GBH), une grande entreprise martiniquaise qui leur permet de se développer sur le plan commercial. Le 14 mars 1991, l'habitation Clément est choisie pour accueillir les présidents François Mitterrand et George Bush lors d'un sommet franco-américain faisant suite à la guerre du Golfe : un grand moment dans l'histoire de l'Habitation. En 1996, en même temps que la création de l'AOC pour les rhums de la Martinique, l'habitation Clément est classée monument historique. Devenue l'un des principaux producteurs de rhum de la Martinique, l'habitation CLEMENT développe à partir de 2001 de nouveaux produits comme la Canne bleue, un rhum monovariétal unique qui exprime le meilleur des cannes cultivées à l'habitation.

Aujourd'hui, les rhums Clément sont présents dans plus de 60 pays à travers le monde. En 2005 est créée la Fondation Clément qui mène des actions de mécénat en faveur des arts et du patrimoine culturel à la Martinique. Aujourd'hui, la Fondation Clément se consacre à l'organisation de manifestations culturelles, soutient les artistes martiniquais et accueille un centre d'archives et une bibliothèque sur l'histoire de la Martinique.



La Distillerie A1710 : Bien moins connue que bien d'autres distilleries de la même île, la distillerie A1710 commence enfin à se faire connaître grâce à des produits atypiques et de haute qualité se targuant même de produire un RHUM EXTRAORDINAIRE.

En plein cœur de l'Habitation SIMON, la distillerie A1710 possède une magnifique parcelle de cannes BIO dont sont issus "la perle rare bleue bio" et "la perle rare rouge bio".

Une fois broyée, direction la distillerie pour la canne à sucre. Equipée d'un alambic charentais en cuivre au beau nom de "belle Aline", la distillerie A1710 est en fait le fruit d'une renaissance et d'une reconstruction sur la base d'une très ancienne distillerie.

Sous son nom plus qu'atypique A1710 se cache une signification bien précise : le "A" symbolise l'artisanat alors que "1710" correspond à l'année durant laquelle les ancêtres Yves Assier de Pompignan, son fondateur, sont arrivés en Martinique. Mais ce n'est qu'en 2016 qu'Yves Assier créée la distillerie A1710 : cela n'était pas arrivé depuis plus d'un siècle en Martinique !

A1710 crée des rhums de haute qualité aux noms magnifiques et atypiques.



La distillerie LA MAUNY : une des plus ancienne distillerie de l'île.

En 1749, Ferdinand Poulain, Comte de Mauny, issu de la noblesse bretonne et conseiller du Roi de France, débarque en Martinique. Il épouse la fille d’un planteur détenteur d’un domaine situé à Rivière Pilote, au Sud de l’île et lui donne son nom : le Domaine La Mauny est né.

Jusqu’en 1820, la production de sucre constitue l’activité principale du domaine qui fabrique en complément du Tafia, l’ancêtre du rhum.

En 1820, la distillerie La Mauny prend son essor et développe une production de rhum agricole, élaboré à partir du pur jus frais des cannes à sucre du domaine.

En 1883, la famille Tasher de la Pagerie, dont la fille Marie Josèphe Rose — appelée Joséphine de Beauharnais — est épouse de Napoléon et Impératrice des Français, désire acquérir la propriété. Après d’âpres discussions, aucun accord n’est trouvé avec les héritiers du Comte de Mauny.

En 1923, le domaine couvrant 170 hectares d’une région très accidentée devient la propriété des frères Théodore et Georges Bellonnie. Georges se consacre à la distillation tandis que son frère Théodore s’adonne au négoce et se spécialise dans le rhum.

En 1929, l’unité de production est agrandie et se modernise avec l’installation d’une colonne à distiller, de nouveaux moulins de broyage et une machine à vapeur.

Mais c'est en 1959 que La Mauny va connaître une expansion fulgurante, grâce à la commercialisation de ses rhums en bouteilles sérigraphiées et étiquetées : des enseignes La Mauny apparaissent pour la première fois dans les cafés, hôtels et restaurants de l’île. L’exportation démarre également !

Les Rhums Maison La Mauny obtiennent l’Appellation Martinique Contrôlée en 1996 (Label AOC).

Depuis plus de 20 ans Maison La Mauny grandit et son savoir-faire est reconnu par les consommateurs et les jurys d’experts français et étrangers qui lui décernent de nombreuses récompenses pour l’ensemble de ses produits.

En 2014, la Maison La Mauny crée l’Association des Planteurs La Mauny. Elle est la première distillerie à avoir mis en place une association visant à mettre en valeur le travail des planteurs de canne à sucre et à pérenniser l’activité cannière sur l’île. Un an plus tard, la marque MAUNY devient MAISON LA MAUNY la marque se recentrant ainsi autour de ses racines et de son terroir martiniquais. Portant fièrement les couleurs de la Martinique, la gamme est réorganisée et redéployée pour mettre en avant le savoir-faire unique de la Maison.



La distillerie Trois Rivières : une succession de propriétaires depuis 1660 !

Née il y a plus de 3 siècles, la Plantation Trois Rivières fait partie intégrante du patrimoine historique de la Martinique. Son nom emblématique provient des trois rivières bordant ses hectares de champs de cannes : Oman, Bois d’Inde et Saint Pierre. D’abord spécialisée dans la production sucrière au XVIIIème et XIXème siècle, la propriété se consacre au fur et à mesure du temps à la production du rhum agricole, qui deviendra exclusive au début du XXème siècle.

C'est effectivement en 1660 que Nicolas Fouquet, Surintendant des Finances de Louis XIV, s’adjuge la plus grande concession jamais attribuée aux Antilles : 2000 hectares situés au sud de l’île. A partir de 1770, le domaine change plusieurs fois de propriétaires. Se développe alors une forte activité sucrière avec jusqu’à trois sucreries sur la propriété dont quelques vestiges subsistent encore aujourd’hui. Mais c'est en 1785 que le domaine de Trois Rivières est acquis par un puissant propriétaire du nord de l’île, Etienne Isaïe Marraud Des Grottes